Sara Ruffin Costello : l'éclectisme US

Styliste, journaliste et “socialite”, Sara Ruffin Costello équilibre sa vie entre une carrière réussie, des galas de bienfaisance et une tribu trépidante. Si elle a quitté depuis quelques années l’effervescence new-yorkaise pour investir une gigantesque maison à la Nouvelle-Orléans, c’est pour mieux laisser place à ses envies. Rencontre avec une personnalité qui trace sa route, sans se poser de questions.

Quand on regarde votre vie, il s’en dégage un sentiment un peu “Gatsby”. Comment faites-vous pour tout combiner ?

Tant que j’ai mes huit heures de sommeil, tout est possible ! Le design et l’écriture sont deux aspects stimulant de ma vie et une fois le pli pris, c’est un jeu d’enfant. Organiser des évènements comme un dîner caritatif est beaucoup plus stressant. Recevoir les invités, s’assurer qu’il y a ce qu’il faut en quantités suffisantes… Tout cela demande de l’énergie et un vrai engagement physique. Si je panique un peu en amont, je suis beaucoup plus détendue le jour J : les aléas et les choses que l’on ne contrôle pas forcément sont souvent les plus intéressantes.

Entre vous et votre maison, c’est un coup de foudre, non ? 

Il y a sept ans, nous sommes partis en vacances à la Nouvelle-Orléans avec mon mari Paul et nos trois enfants. L’un de nos amis, un agent immobilier, nous faisait faire le tour de la ville et nous n’arrêtions pas de nous extasier devant l’architecture des lieux quand nous sommes passés devant une énorme maison rose dans Garden District. Il nous a dit “oh, celle-ci est à vendre”. Il avait une clé sur lui et nous l’avons visité. La maison était tout ce que nous cherchions : pratique, simple, élégante, aérée… Sans oublier le cachet du Sud. C’était un coup de foudre oui. De retour à New York, je n’arrêtais pas d’y penser. Paul, qui a une âme plus aventureuse que la mienne, a été le premier à dire : “on y va, changeons de vie ! “.

Était-ce aussi une volonté de fuir la ville pour opérer un retour aux sources ? 

New York est une ville intense et je l’aimerais toujours : c’est mon centre de gravité spirituel. Mais nous étions prêts pour un nouveau décor.

Votre maison relève du style gothique italien. Est-ce caractéristique de l’architecture de la Nouvelle Orléans ? 

En réponse au style grégorien qui était la norme jusqu’à la fin du XIXème siècle, une envie d’exotisme a balayé l’Europe, puis les États-Unis. Cette maison s’inscrit dans ce courant contestataire : beaucoup d’arches, de symétries… Mais malgré tout, la maison reste lumineuse et ouverte, presque moderne. Son architecte, un irlandais du nom d’Henry Howard, est une légende locale, on devrait lui ériger une statue au vu de sa contribution esthétique à la Nouvelle Orléans !

Comment avez-vous imaginé la décoration ? 

Je voulais rester fidèle à l’esprit du Sud. Quand nous avons visité la maison, il y avait un jardin d’hiver qui m’a complètement ensorcelé. J’avais l’impression d’être dans le film de Louis Malle avec Brooke Shields, La Petite. Il a été tourné à la Nouvelle Orléans et bref, la maison avait ce je ne sais quoi de décadent et de décati, comme dans le film. Je voulais préserver cette impression en la twistant d’une touche moderne. Mon mari qui est photographe s’est beaucoup impliqué dans le design mais nous avons aussi fait appel à l’architecte Michael Carbine. C’est un génie qui a restauré de nombreuses maisons ici et il sait comment gérer les immenses volumes, les moulures…

La tendance est aux lignes courbes et à la recherche de confort. On retrouve cela aussi chez vous ? 

J’essaie toujours de rendre les choses confortables et je ne saurais dire si cela dépend d’un mobilier aux lignes droites ou incurvées. Je pense que le confort est davantage lié à une atmosphère. Avoir des assises confortables, des tables qui sont à la bonne hauteur, un éclairage suffisant mais pas éblouissant… Tout est relatif car vous pouvez remplir un espace de lignes courbes et de tapis fluffy sans réussir à réchauffer l’ambiance.

Comment mixer l’ancien et le nouveau ?

Je fais confiance à mon intuition. C’est un sentiment, un instinct esthétique. En déco, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise formule, il s’agit plus de voir comment marier les contrastes, les textures, d’alterner une pièce peinte avec quelque chose en bois brut.

Vous avez une table de ping-pong dans la salle à manger…

Oui mais elle n’est pas d’une grande utilité ces derniers temps ! Sa surface généreuse nous sert surtout à empiler nos papiers, à stocker nos projets artistiques… À chaque fois que je passe à côté, je me dis “le week-end prochain, je la range et j’organise un tournoi”. Et puis le temps passe…

 

Il y a une chose qui saute aux yeux chez vous, ce sont les tapis : il y en a partout !

J’entretiens un rapport d’amour/haine avec eux. Ils ajoutent une couche de douceur mais en même temps j’adore être pieds nus sur le parquet, un peu dans un esprit scandi.

Quelle est votre palette de couleur préférée ? 

J’ai plusieurs combinaisons. La première mélange le vert olive, le crème, le jaune lumineux et l’orange éclatant. La seconde le bleu indigo, le rouge épicé et le jaune curry.

Comment donnez-vous une âme à une pièce ? 

En multipliant les imperfections.

Ici, avoir un porche est presque culturel… Vous l’accessoirisez comment ? 

Aux États-Unis, le ventilateur de plafond est un must absolu. Sans compter un duo de chaises, une balancelle, quelques plantes…

Quel est votre prochain projet ? 

Je suis en train de travailler sur ma collection de vêtements. Quelque chose d’un peu bohème pour les femmes qui veulent être détendues tout en restant élégantes. La ligne Sarah Ruffin Costello sera disponible dès janvier sur Instagram et sur le site web de certains magasins. Et cela devrait s’accompagner d’accessoires de déco avec des moodboards pour aider les clients à visualiser les essentiels.

Votre mantra du quotidien ? 

Tous les jours, je lis un extrait du livre de Ryan Holiday, ‘The Daily Stoic”. Je suis une grande fan de Marc Aurèle, Sénèque et Épictète : ils avaient tout compris à la vie.

© Paul Costello

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