Paillerfrères, les jeunes « curators » de la déco

Paillerfrères, les jeunes « curators » de la déco

Aymeric, 30 ans et Ronan, 34 ans, ont fait une entrée remarquée dans le monde de la décoration. Du Bon Marché à Westwing, on s’arrache leur direction artistique de meubles et d’accessoires Vintage. Les Paillerfrères ont plus d’un tour dans leurs sacs!

Photo de Julien Gros, le duo Paillerfrères (Aymeric, à gauche / Ronan, à droite)

Paillerfrères, c’est l’histoire d’une reconversion à succès ?

Ronan : D’une renaissance plutôt ! Nous avons tous les deux eu une première vie professionnelle, Aymeric comme acheteur dans la déco et moi dans le conseil. Nous chinons tous les étés dans le Limousin depuis que nous sommes en âge de nous meubler. De fil en aiguille, granges et greniers de famille étaient pleins à craquer. Un jour on nous a sommé de faire de la place ! C’est comme ça que l’aventure Paillerfrères a commencé, par une vente éphémère en 2009 dans un local du 10e arrondissement de Paris…

Qu’est-ce que veut dire « chiner » pour vous ?

Aymeric : Chiner, ce sont des coups de cœur que l’on trouverait trop bête de laisser filer. On les emporte et les restaure sans trahir leur esprit d’origine. En respectant leur époque, qu’ils soient des années 1930 ou des années 1970. Nous ne recherchons pas les icônes du design ou les pièces les plus connues, mais celles qui vont apporter une véritable élégance vintage dans un intérieur d’aujourd’hui…

Photo Paillerfrères, Chaise en bambou

Avec une vente vintage tous les 6 mois, vous êtes rares !

Aymeric : Nous aimons travailler en partenariat avec une ligne éditoriale forte. Dans cet esprit nous avons effectué, l’hiver dernier, pour Le Bon Marché une sélection vintage des arts de la table, collaboré plusieurs saisons avec le Centre Commercial, une boutique multimarque du 10 ème arrondissement de Paris et aujourd’hui pour Westwing. Nous avons assemblé 75 chaises vintage de différents styles de 25 à 110 euros car nous sommes les premiers à penser qu’une belle pièce doit rester accessible…

Photo Paillerfrères, Service Florida de la Manufacture de porcelaine Site Corot

Vous avez aussi remis au goût du jour pour la manufacture de porcelaine Corot le service « Florida » dont était fan Mick Jagger, quelle est cette aventure ?

Aymeric : Nous avons grandi dans le Limousin et chiné de la porcelaine avec notre mère pendant des années, nous aimons Limoges ! Nous avions envie de réveiller cette manufacture, Site Corot, qui a connu son heure de gloire dans les années 1980. Mick Jagger a en effet acheté pour son château français tout le service « Florida ». Cela fait deux ans que nous travaillons sur les collections : « Florida » a pris de nouvelles couleurs et nous avons imaginé 1925 à partir de dessins rétro dénichés dans les archives.

Deux cartes postales éditées à l’occasion des Ventes Vintage et table d’appoint.21 de la nouvelle collection, Paris Design Week, septembre 2012.

Et vous êtes depuis peu designers, 21 est votre dernier coup de théâtre ?

Ronan : Nous sommes fans de meubles vintage mais la grande mode des rééditions fini par nous lasser. Nous avons eu envie de créer un mobilier pour le XXI siècle, comme celui des années 1950 fut créé dans et pour son temps. D’où le nom 21… Nous sommes partis de la matière, le bois, la paille, le métal travaillés par les meilleurs artisans. C’est un mobilier que le client peut personnaliser en choisissant des couleurs et des cuirs. Nous présenterons pour la première fois toute la collection. 21 sera à la Design Week de septembre 2012.

Photo Paillerfrères, Fauteuils standard

Quelle a été votre source d’inspiration pour ces meubles ?

Nous sommes par exemple tous les deux fans de design automobile, la console est partie d’une calandre et l’une des lampes, de phares de voiture.

Est-ce simple de travailler entre frères ?

Aymeric : Cela fait dix ans que nous nous voyons tous les jours, travailler ensemble ne change rien. Nous avons de très fortes racines communes, même si aux branches il peut y avoir des divergences. Il n’y a pas d’un côté le créatif et de l’autre le financier. Chacun apprend des compétences de l’autre. Nous ne voulons pas finir en monstre à deux-têtes !

Vous n’avez ni l’un ni l’autre de formation artistique, quelle a été votre école ?

Les voyages en voiture à une époque où il n’y avait ni climatisation, ni DVD. Nos parents nous disaient : « Regardez par la fenêtre : que voyez-vous ? ». Un château dans un tas de ruines, une maison magnifique derrière un buisson de lierre. Ce passe-temps a formé notre imaginaire, la chine a fait le reste…

http://www.paillerfreres.com/

Publié le 17 juin 2012 © Sixtine Dubly