Les Mauvaises Graines : rencontre avec David Jeannerot Rénet

C’est en 2011 que David Jeannerot Rénet imagine « Les Mauvaises Graines », un concept-store parisien fourmillant de plantes et inspiré de ses groupes de rock préférés. Fort de son succès, celui qui se définit comme plantiste urbain et jardinier rock inaugure sa seconde boutique boulevard Saint-Germain. Tête-à-tête avec cet amoureux des plantes et de la nature.

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Pourquoi avoir choisi d’appeler votre boutique « Les Mauvaises Graines » ?

Parce que les Mauvaises Graines sont les premières plantes qui poussent quand on retourne la terre. C’est le meilleur indicateur de la qualité du sol. Mais c’est également un rappel à l’enfance car les Mauvaises Graines deviennent de Belles Plantes.

Quel est votre parcours ?

J’ai commencé dans la mode, dans l’équipe d’Agnès B à ses débuts. C’était passionnant et très excitant pour une personne de la campagne comme moi. Et puis j’ai tracé ma route dans le monde de la mode en tant que directeur artistique ou directeur commercial pour différentes enseignes selon les opportunités. Cela m’a amené à voyager énormément. Et puis je me suis retrouvé un jour à me poser la question : est-ce vraiment cela que je veux faire ? La réponse a été un non clair et net. Je me suis alors recentrer sur mes véritables amours : les plantes, les animaux, la nature. Les Mauvaises Graines, c’est un projet qui rassemble toutes les choses qui comptent vraiment dans ma vie.

Comment vous définiriez-vous ?

Jardinier rock, plantiste urbain, amoureux de l’art, de rock et des Belles Plantes.

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Où puisez-vous votre inspiration ?

Dans mon jardin secret au coeur de Montmartre, mais également dans la vie et dans chaque plante que je croise au gré de mes promenades. La nature réalise de parfaites compositions, même avec les plantes les plus simples. Il y a aussi mon passage dans le monde de la mode et la vie urbaine qui apportent leur touche dynamique et contemporaine.

Comment vous est venue votre passion pour les plantes ?

Il faudrait que je vous raconte mon enfance dans le jardin de mes grands-parents. Son petit jardin ouvrier, la nature, une cabane au fond du jardin, un petit étang poissonneux… Tous ces éléments sont illustrés dans ma boutique, ils représentent ma base, mon origine, ce qui compte beaucoup pour moi.

Vous vous considérez comme plantiste, qu’est-ce que cela veut dire ?

Un plantiste urbain est un amoureux de la nature autant que de la ville. Le terme plantiste vient en partie en contradiction avec celui de fleuriste, car le plantiste ne prend pas que la fleur mais toute la plante et il la cultive, la reproduit et lui trouve une place au milieu de la ville pour qu’elle puisse se développer librement. Un plantiste urbain cherche à reconnecter la Nature et la ville.

Comment avez-vous conçu vos boutiques ?

Avec des matériaux simples pour mettre en valeur les plantes, mais avec l’imaginaire de la cabane perchée dans les arbres. Ouvrir les portes de notre boutique, c’est rentrer dans un univers bucolique où se mêlent plantes, rock et cabinet de curiosité.

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Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre concept de jardin urbain ?

En 2050, 71 % de la population vivra en ville et c’est pour ça qu’il est temps que le plaisir de jardiner ne soit pas que réservé aux provinciaux. La ville n’est pas hostile à la nature, les abeilles y vivent bien volontiers… Du 1er janvier au 31 décembre, la ville est notre terrain de jeu végétal.

De quelle création êtes-vous le plus fier ?

De la prochaine.

Quelles sont vos relations avec la décoration ?

C’est une source d’inspiration quotidienne. Mais la décoration doit refléter une identité, pas une mode.

Avez-vous un style préféré ?

Le Bauhaus.

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A quoi ressemblerait votre jardin idéal ?

Au mien… C’est un refuge, un oasis, un petit monde à lui tout seul. Il faut qu’il soit beau, mais aussi utile en ce sens qu’il doit participer à l’écosystème environnant en nourrissant et abritant insectes, oiseaux…

Quel est votre rapport à la musique ?

J’aime les plantes et le rock, quoi de plus naturel que de mélanger les deux ? Le rock est une musique qui exprime la liberté, la rébellion, l’irrévérence et parfois la violence, tout comme ces plantes qui poussent là où on ne les attend pas, qui repoussent toujours quand on les arrache, qui envahissent tous les espaces libres et qui finissent par dévorer ce qu’on leur abandonne. Le lierre est un bon exemple de ces plantes rebelles et indestructibles, mais aussi très utiles, comme la ronce ou l’ortie… Je pense qu’un bon “Starway to heaven” d’AC/DC à plein tube saura parfaitement décoiffer votre jardin !

On a le sentiment que cet engouement actuel des citadins pour les plantes est une recherche d’authenticité, peut-être un retour aux sources… Qu’en pensez-vous ?

On peut savoir ce qui se passe à Tokyo, Melbourne, New-York en un seul clic… Nous avons oublié le rapport au temps qui passe, les aléas des saisons. Planter son potager en ville, c’est réapprendre les gestes de tous les jours. Et c’est très efficace pour se détendre !

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De quoi vos clients ont-ils envie aujourd’hui ? Quelles sont les principales demandes ?

Des plantes qu’on ne rencontre pas chez tout le monde. Chez nous, on redécouvre des plantes de jardin de grand-mère, des plantes authentiques, originales et simples.

Quelles sont les plantes les plus faciles à faire pousser en ville ?

Tout pousse, ce n’est qu’une question d’exposition et d’entretien. Si une plante est capable de pousser rien que dans la fente d’un mur, imaginez ce que vous pouvez faire pousser sur un balcon…

Un potager en ville c’est possible ? Des conseils ? Quels sont les légumes les plus adaptés ?

Il y a encore moins d’un siècle, Paris comptait un nombre incalculable de potagers. Les vergers de Montreuil étaient aussi très réputés. Cultiver ses fruits et légumes est donc extrêmement faisable à Paris. Pour ceux qui n’ont pas un carré de terre, il faut juste faire attention à la place disponible et à l’exposition. Par exemple, on évitera de cultiver des melons sur un rebord de fenêtre exposé plein nord… On jouera également sur l’esthétique. Tomates, haricots et petits pois peuvent faire de jolis brises vues, fraises et aubergines s’épanouissent sur un balcon en plein soleil.

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Les indispensables du bon jardinier ?

Pas besoin de s’équiper comme le cycliste qui va faire le tour de France. De la patience et de la simplicité. Observez, imaginez et essayez. Pour apprendre à cultiver, il faut mettre les mains dans la terre ! Mais on peut se faire plaisir avec de bons outils, une belle paire de gants, de jolis pots…

Des conseils pour cultiver ses herbes aromatiques ?

Les mettre dans une serre pour plantes aromatiques. Soigner l’exposition et l’arrosage. Et les utiliser quotidiennement en cuisine !

Quels sont les avantages d’une culture sous serre ou sous cloche ?

La culture sous serre et sous cloche permet de démarrer plus tôt les plantations et de protéger des intempéries. Petit conseil : éviter de fermer complètement la cloche.

Quelles plantes conseillez-vous sur un balcon qui tiennent tout l’été ?

Les sédums, les succulentes, les lavandes se plairont sur un balcon au sud. Les Heuchères et les clématites s’épanouissent dans un coin plus ombragé.

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Les Mauvaises Graines
http://www.lesmauvaisesgraines.paris/

MONTMARTRE
25, rue Custine
75018 Paris
Tél : 01 55 79 71 35

SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS
Ouverture fin mai 2015
203 bis, bld Saint-Germain
75007 Paris
Tél : 09 82 43 98 62

 

Julie Catroux

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