Luis Barragán, l'architecte coloriste mexicain

L’architecte Luis Barragán aimait les couleurs, mais pas n’importe lesquelles. Il vouait une passion aux tons vifs et flashy, qui attrapent la lumière et réjouissent par leur gaieté. De cette passion colorée, s’ensuivent de nombreux projets créatifs jusqu’au célèbre prix Pritzkeren 1980, qui marque un tournant dans la vie du célèbre artiste mexicain.

1902, Guadalajara, au Mexique. Luis Barragán né. Rapidement, il développe une certaine passion pour la nature dû au milieu rural dans lequel il grandit, entouré de chevaux, dans une propriété familiale typique mexicaine. Ces facteurs, vont terriblement imprégner l’ensemble de son œuvre.

Mexique, ville de San Cristobal. Écurie et piscine  (1967-68) crée par Luis BARRAGAN et Andres CASILLAS.

En 1923, Luis décide de voir du pays, en voyageant à travers l’Europe durant trois années. C’est à ce moment précis qu’il rencontre Le Corbusier et Ferdinand Bac, qui influenceront à vie son style architectural. Il s’imprègne fortement du style vernaculaire méditerranéen et développe un attrait particulier pour les espaces paysagers, mais réfute de baser ses créations sur la théorie du “fonctionnalisme” : il préfère créer du beau… et utiliser la lumière comme une véritable matière.

L’une des autres volontés de l’architecte est de bouleverser les codes. Il désire en effet combiner sa passion pour son pays natal – qu’il souhaite mettre en avant sur la scène internationale – et son besoin de s’intégrer dans l’architecture contemporaine de demain.

Cette philosophie, il l’applique en créant des constructions originales, aux murs très épais, accompagnées de petites fenêtres et d’ouvertures. Le but étant d’utiliser des textures et des couleurs vives pour imiter la nature, tout en mettant l’accent sur les espaces extérieurs comme les jardins.

En 1980, à l’occasion de la réception du Pritzker price à New York, Luis Barragán déclare «croire en une architecture émotionnelle». Il est en effet inquiet par l’avenir de l’homme et partage ses inquiétudes sur la déshumanisation de la société par l’architecture. Il propose donc durant cette réunion une nouvelle alternative face aux «machines à habiter», devenues l’image de l’homme moderne. Au même moment, il confie également son avis sur sa vocation : «Je pense que si les peintres peuvent modifier une toile complète, les architectes doivent pouvoir le faire dans leur travail, l’œuvre en soi étant un processus créatif».

Parmi les réalisations majeures de l’architecte, on ne peut oublier de citer sa célébrissime Maison-atelier, construite en 1948, et dans lequel il habita de nombreuses années. Elle devint rapidement un véritable symbole du mélange entre architecture moderne et culture mexicaine. Implantée dans les Jardins du Pedregal, elle comporte un rez-de-chaussée, deux étages, ainsi qu’un petit jardin privatif. Par ailleurs, l’utilisation du béton dans cette oeuvre fait partie intégrante du mouvement moderne.

Les amateurs d’art et architectes du monde entier se bousculent pour visiter ce site, qui est encore aujourd’hui l’un des bâtiments les plus visités de Mexico. En 2004, l’UNESCO décide de classer cette maison au patrimoine mondial de l’humanité.

Louise Ballongue

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