Rencontre avec Pauline d’Hoop, décoratrice de l'hôtel Monte Cristo

Réminiscence des péripéties de l’écrivain Alexander Dumas, l’hôtel Monte Cristo est une oasis de luxe au charme du XIXe siècle. Ses chambres uniques au décor d’antan, sa piscine bordée de palmiers, son bar à rhum exotique… Toutes ces pièces nous envoûtent par leur caractère hors du temps et rendent hommage aux univers poétiques de Dumas. Rencontre avec Pauline D’Hoop, architecte d’intérieur, qui a su donner vie à ce lieu plus que dépaysant. 

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ? 

J’ai fait les Arts déco à Paris où j’ai rencontré mon acolyte, Delphine Sauvaget. Juste après l’école, nous avons monté notre agence, (baptisée Favorite), puis décoré le C.O.Q Hôtel dans le 13e arrondissement de Paris. Depuis, les projets se sont enchaînés ! 

Qu’est-ce qui vous a amené à décorer cet hôtel ? 

Le destin ! Dans mon milieu, tout se fait par le bouche à oreille.

Quels ont été vos choix en terme d’espace et de décoration ? Pourquoi s’être inspirée d’Alexandre Dumas ? 

Le Monte Cristo est le nom choisi par le gérant de ce projet et c’est aussi le nom du livre de Dumas. Le challenge était de s’approprier l’univers de l’écrivain et le 19ème siècle en général, sans tomber dans une vision fantasmée de cette époque. J’ai même dû lire une douzaine de livres pour cerner le personnage !

Et côté couleurs ? 

Pour la palette de couleurs, nous nous sommes intéressées de près aux nuances utilisées au 19ème siècle. Nous voulions recréer un esprit “boudoir” avec de nombreuses tonalités passant du vieux rose, au vert moutarde jusqu’au bleu canard. Les chambres sont également toutes différentes : certaines sont masculines, d’autres plus féminines. 

Beaucoup de meubles ont été chinés. Pouvez-vous nous raconter vos trouvailles ?

C’est vrai qu’on a pas mal chiné de meubles, mais on en a aussi beaucoup dessiné ! C’est un vrai parti-pris d’imaginer des luminaires de chambres ou des consoles d’époque mais ça nous a permis de raconter une histoire. On a gardé certains détails du 19ème tout en les épurant un peu ou en les associant tout simplement avec d’autres objets plus modernes.

Décrivez-nous les différentes atmosphères imaginées au sein de l’hôtel… 

Il faut tout d’abord parler du bar à rhum, le 1802. Il fait référence aux origines d’Alexandre Dumas et de ses parents, nés dans les îles. On a voulu végétaliser l’espace façon jardin d’hiver avec pas mal de plantes, tout en créant une atmosphère assez chargée : carreaux de Delft, assises veloutées, matériaux assez chauds (bois, vases décorés, miroirs, tables en marbre, assiettes anciennes, fauteuils en rotin…). Le style colonialiste-exotique et les références aux 70’s sont également bien présents. 

Pour le reste de l’hôtel, on a voulu créer un lieu hétéroclite qui respire les souvenirs et les voyages, tout en exploitant la folie d’Alexandre Dumas. Il y a des chambres par exemple où on a joué le côté “too much”, avec des murs entièrement tapissés de papiers peints. Et finalement c’est la chambre que les clients préfèrent !

Ce projet était très ambitieux, n’était-ce pas difficile de plonger dans un univers si différent du vôtre ? 

Si, ce n’était pas évident ! Avec Delphine Sauvaget, nous avons toutes toutes les deux 34 ans, et nous nous inspirons souvent du design contemporain ou de références vintage, comme les années 50, 60 ou encore 70. Pour ce projet, il y avait une petite mise en danger vu qu’on ne connaissait pas grand chose de la déco du 19ème, mais au final c’était hyper enrichissant de sortir de sa zone de confort et d’exploiter cette époque ! 

Enfin, si vous ne devez donner qu’une seule raison : pourquoi faut-il venir ?  

Tout simplement parce que vous allez voyager et vivre une expérience inédite !

Louise Ballongue

Possédez-vous notre application ?

Télécharger
Télécharger
Offline