Rencontre avec Arnaud Doin, fondateur de La Cabane Sauvage et du Country Lodge

Épuisé(e) ? Stressé(e) ? Et si au lieu de courir dans nos villes pressées, on ralentissait le rythme ? Cet éloge du temps a un nom : c’est le slow. Décliné à l’envi en slow life, slow food ou même slow management… Les initiatives pour nous inviter à déconnecter sont multiples. Le temps d’un week-end ou d’une semaine, préparez-vous à lâcher prise : avec ses cabanes dans le Perche, Arnaud Doin nous propose un vrai retour aux sources.

Vous transformez vos rêves d’enfants en projets de vie : Arnaud Doin, qui êtes-vous ?

Il y a 15 ans, j’ai créé une agence d’évènementiel à Paris, Stratevent. C’est une société qui a tout de suite très bien marché et qui s’est installée dans plusieurs pays européens mais j’ai vite manqué d’air. Au bout de 3 ans, j’ai fait un voyage en Mongolie. Je suis revenu avec 15 yourtes et une première ébauche de campement. J’ai continué à gérer l’agence pendant une dizaine d’années puis, la quarantaine venue, je me suis dit que le moment était venu de me lancer plus sérieusement dans ce projet de campement nature qui m’a toujours tenu à cœur.

C’est dans le Perche que vous avez construit vos premières cabanes. Le concept s’appelle La Cabane Sauvage, c’est plutôt insolite, non ?

Je dirais plutôt un rêve de gosse ! J’ai toujours adoré la nature, la ferme, les animaux, vivre dehors… Après avoir organisé la succession au sein de ma société, je me suis retrouvé avec un peu plus de temps libre et j’en ai profité pour bâtir deux cabanes autour de notre maison dans le Perche. Je n’avais aucune notion de bâtiment, pas de plans d’architecte… J’ai creusé à la pelle et ça a donné deux lieux de vie, dont un à flanc de colline.

Et aujourd’hui, vous travaillez sur un projet de plus grande envergure…

Oui. C’est le Country Lodge. Nous sommes en train de construire 24 cabanes sur un terrain de 30 hectares dans le Perche. L’ouverture de ce “village nature” est prévu pour début de juin. Et pour boiser le domaine, nous avons déjà planté 2000 arbres.

Comment vous est venue cette idée ?

À l’heure actuelle, je partage ma vie entre Paris, où mes enfants sont scolarisés, et le Perche. En Île-de-France, les gens vivent dans 70m2 avec des enfants qui tournent en rond dans le salon, qui ne savent pas ce que c’est qu’un poulailler… Ici, c’est un espace de liberté, un endroit où on peut leur lâcher la main sans craindre quoique ce soit. Ils peuvent réapprendre que la nature n’est pas sale, grimper dans les arbres…

En somme, vous proposez une cure de détox en famille…

Oui. Les enfants seront libres et les parents aussi. On est en train de réfléchir à un garage à portables où les gens pourraient laisser leurs smartphones en arrivant. On ne force pas la main : si dans les lodges, le Wifi n’est pas prévu, il y aura quand même des espaces de vie commune où Internet sera accessible.

Et du coup, on fait quoi chez vous ?

On regarde les étoiles, on ramasse les oeufs et les champignons, on va à la pêche, on observe les oiseaux, on va à la chèvrerie, on écoute le brame du cerf… Les activités sont rythmées par les saisons et j’aimerais y faire participer nos hôtes. Par exemple, si c’est la période des pommes et qu’ils en ramassent un sac entier, ils pourront repartir avec une bouteille de notre jus maison. Une piscine et un terrain de tennis sont aussi prévus.

Des activités saines en somme…

Avant, on s’amusait avec rien. Aujourd’hui, tout un tas de gadgets vient parasiter nos interactions sociales. En venant ici, on opère un retour aux sources, on passe des moments en famille ou entre amis, il y a des jeux de société… Au bout de l’allée, il y a un marché bio. C’est 500 mètres à parcourir. Dans ce projet, il y a vraiment l’idée qu’on n’a pas besoin de faire des milliers de kilomètres pour profiter.

Tout ça entouré d’animaux bien sûr…

Il y a des chevaux, des poules, des dindons, des moutons… Tout le monde vit en liberté !

Et côté déco, vous vous situez comment ?

J’aime les matières naturelles, les trophées, les cabinets de curiosités… Je chine des canapés que je mélange avec des rideaux Pierre Frey, une cheminée suspendue JC Bordelet… C’est simple : la déco du Country Lodge sera un peu à l’image de notre maison. Ce sera confortable et cosy avec un poêle à bois dans les lodges, une cheminée ouverte dans le grand salon…

Votre journée type ?

Pour l’instant, je passe 4 jours par semaine ici. L’ouverture du Country Lodge est prévue dans deux mois alors je gère le chantier, j’imagine ce qu’on pourra développer, je m’occupe des animaux. Là encore, c’est la saisonnalité qui prime : en ce moment, c’est le marathon des plantations. Il faut tailler les arbres, la période des naissances arrive notamment chez les moutons… Les journées sont bien chargées.

On a le sentiment que vos cabanes sont une bouffée d’oxygène dans un monde qui marche sur la tête ?

Oui. Le marketing et la société de consommation font de nous des animaux tout juste bons à consommer. Les sollicitations permanentes sont pour moi une vraie perte de liberté. Ici, il n’y a pas d’autoroute, pas de TGV… La nature est préservée et c’est ça que j’ai envie de partager.

Plus d’informations sur www.country-lodge.com

Crédits photos © Arnaud Doin

 

 

 

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