L'exposition "Magritte. La trahison des images" au Centre Pompidou

L’exposition «Magritte. La trahison des images» au Centre Pompidou, à Paris, propose une approche à ce jour inédite de l’œuvre de l’artiste belge René Magritte. Rassemblant les œuvres emblématiques, comme d’autres peu connues de l’artiste, provenant des plus importantes collections publiques et privées, l’exposition offre une lecture renouvelée de l’une des figures magistrales de l’art moderne.

René Magritte, La Décalcomanie, 1966 Huile sur toile, 81 × 100 cm Dr Noémi Perelman Mattis et Dr Daniel C. Mattis © Adagp, Paris 2016 © Photothèque R. Magritte / Banque d’Images, Adagp, Paris, 2016

 

Une centaine de tableaux, de dessins et des documents d’archives sont réunis pour offrir au public cette approche qui s’inscrit dans la ligne des monographies que le Centre Pompidou a consacré aux figures majeures de l’art du 20e siècle: «Edward Munch. L’œil moderne», «Matisse. Paires et séries» et «Marcel Duchamp. La peinture, même». L’exposition Magritte. La trahison des images explore un intérêt du peintre pour la philosophie, qui culmine, en 1973, avec Ceci n’est pas une pipe que publie Michel Foucault, fruit de ses échanges avec l’artiste.

Dans une conférence qu’il donne en 1936, Magritte déclare que Les affinités électives, qu’il peint en 1932, marque un tournant dans son œuvre. Ce tableau signe son renoncement à l’automatisme, à l’arbitraire du premier surréalisme. L’œuvre, qui montre un œuf enfermé dans une cage, est la première de ses peintures vouées à la résolution de ce qu’il nomme: un «problème». Au hasard ou à la «rencontre fortuite des machines à coudre et des parapluies», succède une méthode implacable et logique, une solution apportée aux «problèmes» de la femme, de la chaise, des souliers, de la pluie…. Les recherches appliquées à ces «problèmes», qui marquent le tournant «raisonnant» de l’œuvre de Magritte, ouvrent l’exposition.

René Magritte, Le Souvenir déterminant, 1942 Huile sur toile, 64,5 × 50 cm Collection privée © Studio Fotografico Carlo Pessina, Domodossola © ADAGP, Paris 2016

 

À l’art de Magritte sont associés des motifs (Rideaux, Ombres, Mots, Flamme, Corps morcelés..), que le peintre agence et recompose au fil de son œuvre. L’exposition replace chacun de ces motifs dans la perspective d’un récit d’invention de la peinture, de mise en cause philosophique de nos représentations : aux rideaux, l’antique querelle du réalisme qui prit la forme d’une joute entre Zeuxis et Parrhasios ; aux mots, l’épisode biblique de l’adoration du veau d’or qui confronte la loi écrite et les images païennes ; aux flammes et aux espaces clos, l’allégorie de la caverne de Platon ; aux ombres, le récit de l’invention de la peinture relatée par Pline l’ancien. Le catalogue de l’exposition est publié par les Editions du Centre Pompidou, sous la direction de Didier Ottinger, commissaire de l’exposition.

Fabiola Van Peteghem Berth

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