L'Ecole Buissonnière : rencontre avec Sebastian Birchler, chef décorateur du film

Après “Belle et Sébastien”, “Le Dernier Trappeur” et “Loup “, Nicolas Vanier continue d’explorer le monde de l’enfance avec “L’Ecole Buissonnière”. Une histoire d’hommes, d’animaux et de nature à la scénographie idyllique. Rencontre avec Sebastian Birchler, le chef décorateur du film.


© Eric Travers- Radar films

Sebastian Birchler, c’est votre deuxième collaboration avec Nicolas Vanier puisque vous avez déjà travaillé ensemble sur “Belle et Sébastien”. L’histoire se passe dans sa terre natale de Sologne, c’est lui qui vous a guidé dans le repérage ?

Le repérage est un processus assez long qui se construit à deux mais c’est vrai que Nicolas est arrivé avec des pistes assez fortes. Dès le début, il avait des forêts et des paysages qu’il voulait nous faire découvrir.

À ce moment-là, le scénario est déjà complet ou seules quelques bribes vous servent de guide ?

Non, il est complet et on essaie d’adapter le décor à l’écrit. Par exemple, dans le scénario, il y a une chapelle devant le château. En réalité, on a dû la construire. Pareil pour certaines scènes de villages qu’on avait du mal à trouver. On est toujours dans l’action pour des raisons artistiques et logistiques.


© Eric Travers- Radar films

Pour un film comme “L’Ecole Buissonnière”, vous êtes entouré d’une grosse équipe pour créer les décors ?

Non, c’est une équipe de taille moyenne avec 4 ou 5 peintres, 5 ou 6 artisans… On loue des ateliers dans lesquels on construit ce qu’il manque, on travaille avec les antiquaires de la région dans laquelle on tourne… On loue ou on achète les meubles, leur donnant un look cérusé, on restaure les objets anciens : toute la complexité réside dans le fait que ces objets sont anciens pour nous mais pour l’époque, ils étaient tout neufs.

Qu’est-ce qui prédomine dans une décoration rustique en connexion avec la nature ?

Ce sont les couleurs et les matières. On cherche à travailler avec des tissus qui ont de la profondeur et des matières nobles. L’idée est d’arriver à quelque chose de minéral avec du lin, des bois qui ont pris la couleur du temps… On a beaucoup travaillé avec des menuisiers qui avaient dans leurs ateliers du bois ancien. Du côté des teintes, on privilégie les pigments naturels. Tout est en fait mis en oeuvre pour recréer les conditions de l’époque.


© Jean-Michel Turpin – Radar films

Une anecdote de tournage ?

Le château dans lequel le film est tourné était globalement en mauvais état. Il y a des parties que l’on a dû entièrement restaurer avec l’accord du propriétaire. Dans le salon, on ne pouvait pas marcher sur le parquet à moins de faire une chute d’un mètre. Il a donc fallu démonter et remonter le parquet pour tourner la scène de fête.


© Eric Travers- Radar films

Il y a quelques semaines, une immense vente de décors de cinéma a eu lieu à Aubervilliers… Que faites-vous de vos décors une fois le film achevé ?

Les meubles qui sont loués repartent chez le loueur. Ceux que l’on a acheté sont revendus soit à des antiquaires, soit à des loueurs pour de futurs tournages.

Au niveau de la conception, vous êtes en relation avec le département des costumes ?

Oui, en amont on parle des rôles, des couleurs, des matières… Ensuite on dessine chacun de notre côté avant de corréler nos dessins, il y a un vrai processus de recherche.


© Eric Travers- Radar films

En 2015, vous avez été nommé aux Césars des Meilleurs Décors pour “Timbuktu”. Comment devient-on décorateur ?

Tout le monde ne fait pas les mêmes études. Moi je suis passé par les Arts Décoratifs puis j’ai commencé par la peinture avant de créer des décors pour des clips. Ma première expérience marquante au cinéma a été “Les Cent et Une Nuits de Simon Cinéma” d’Agnès Varda. 

Et en ce moment vous travaillez sur quoi ?

Une comédie avec Pierre Richard, Roland Giraud et Eddy Mitchell. C’est une très belle aventure avec des situations cocasses et un très beau scénario d’après la BD “Les vieux fourneaux”.

Ode à la nature, mais aussi réflexion sur l’identité, les racines et l’amitié, “L’Ecole Buissonnière” est à découvrir en salles le 11 octobre.

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